mercredi 5 décembre 2012

Articles en préparation:

1- Panorama sur les garanties d'assurances (définition et objet)

2- La gestion des risques d'entreprise

3- L'actuariat: poumon des assurances

A très bientôt!

dimanche 24 juillet 2011

LES ASSURANCES ET LEURS MODES DE FINANCEMENT

Au cours de leur spécialisation, les élèves en assurance apprennent vite à distinguer les assurances vie d'une part, et les assurances non-vie ou IARD (Incendie-Accident-Risques Divers), d'autre part.

Cependant, il convient de souligner que si la réglementation exige des administrations séparées pour une même société exerçant en vie et en IARD (deux Directions Générales parfaitement distinctes), c'est bien parce que les modes de financement de ces branches sont différents: les primes ne sont pas utilisées de la même manière pour faire face aux sinistres; entendons par sinistre tout évènement (heureux ou malheureux) pouvant mettre en jeu l'engagement de l’assureur vis-à-vis du bénéficiaire du contrat d’assurance.

I- Que finance-t-on ou que doit-on financer ?

Ici, l’objet dont le financement est à l’ordre du jour est l’élément essentiel des contrats d’assurance, à savoir : l’engagement de l’assureur ; il s’agit du paiement de l’indemnité ou du capital que l’assureur a promis au souscripteur lors de la conclusion du contrat, au cas où l’évènement qu’ils ont défini à cette occasion se produirait.

L’assureur doit par conséquent être prudent et rigoureux dans l’utilisation des primes ou cotisations collectées, car il s’agit de fonds qui ne lui sont pas totalement acquis tant que le contrat ne prend pas fin.

Le financement de cet engagement se fait à partir desdits fonds et nous notons qu’il en existe deux modes : les financements (ou gestions) par répartition et par capitalisation.

II- Les deux modes de financement des assurances

II-1- Le financement par répartition

Le financement par répartition consiste pour l’assureur à faire face aux sinistres d’un exercice à partir de la masse de primes collectées au cours du même exercice. Il y existe donc une mutualisation des primes qui sont systématiquement affectées au paiement des sinistres. Ainsi chaque sinistre sera payé grâce à la masse des primes de tous les assurés du portefeuille, y compris la prime de l’assuré sinistré.

On retrouve ce mode de financement dans les assurances non-vie où il conduit à la constitution deprovisions techniques (provisions pour sinistres à payer ; provisions pour risques en cours ; provision pour annulation de primes).

II-2- La gestion par capitalisation

Dans ce mode de financement, les primes de chaque assuré sont capitalisées (par des intérêts composés) pour permettre de faire face uniquement à l’engagement pris vis-à-vis de chacun d’eux. Cela signifie que la prime d’un assuré donné ne servira aucunement à payer le sinistre d’un autre assuré.

Le financement par capitalisation est le mode de gestion des assurances vie, qui sont des assurances de longues durées. Aussi une telle gestion amène-t-elle l’assureur à constituer des provisions mathématiques (PM), qui sont par définition la différence entre les valeurs actualisées des engagements de l’assureur et ceux de l’assuré.

III- Avantages et inconvénients des deux modes de financement

De ce qui précède, il ressort que la gestion par capitalisation assure une plus grande efficacité économique des assurances : les primes collectées permettent immédiatement de financer l’investissement et la croissance économique. Cependant, contrairement à la gestion par répartition, elle rompt la solidarité au sein des générations et entre les générations puisque chaque assuré qui sort du portefeuille ne reçoit que sa propre mise et les « fruits » que celle-ci a produits sur la période d’assurance.

Nous retenons donc qu’à chaque branche d’assurance correspond précisément l’un des deux modes de financement ci-dessus. Ainsi les assurances des choses, l’assurance de la responsabilité civile, les assurances individuelle accident et santé sont-elles gérées par répartition ; tandis que les assurances sur la vie sont gérées par capitalisation.

Indiquons toutefois qu’après la deuxième guerre mondiale, la chute de la valeur de l’épargne accumulée par les régimes de retraite français a conduit à un financement par répartition (bien que ces régimes fassent partie des assurances vie). Cependant, ces dernières années voient un important retour à la gestion par capitalisation de leur part.

dimanche 25 avril 2010

Fait divers (surnombre et exceptions)

Voici un fait pour lequel l'avis de chacun serait le bienvenu. A l'occasion de la semaine de grêve des transporteurs, qui a été enclenchée suite à la hausse des prix du carburant à la pompe, le 12 avril dernier, il a été particulièrement difficile de se rendre au travail. Seuls les autobus de la SOTRA assuraient les déplacements. M'étant rendu à mon arrêt habituel à 6h45, j'ai dû me rendre au terminus de l'express afin de "l'emprunter à la source", et ce n'est qu'à 8h22 que j'ai pu monter dans le bus. Beaucoup de personnes, sinon tout le monde, étaient déjà très en retard sur l'heure de travail; aussi, comme il n'y avait plus de place assise, les agents de la SOTRA ont-ils décider de permettre à ceux qui le souhaitaient de se tenir debout dans le bus, pour se rendre à leurs lieux de travail. L'un des passagers du bus manifesta alors son désaccord en indiquant qu'en cas d'accident, l'assureur n'indemniserait pas les victimes vu qu'il y aurait eu surnombre. Il se heurta alors à une forte répression de la part d'autres passagers qui lui réprochaient d'être bien trop pessimiste. Une dâme s'écria alors: "Nous sommes assurés dans le nom de JESUS." Les questions qui se posent sont donc les suivantes: - L'assureur peut-il valablement refuser sa garantie en cas de sinistre corporel dans un véhicule en surnombre? - Si oui, doit-on, dans des circonstances aussi exceptionnelles, permettre le surnombre par soucis de solidarité envers les autre? La tribune est ouverte!

mardi 29 décembre 2009

Bonne & Heureuse Année 2010

Que 2010 soit une année de paix, de joie, de bonheur et d'ASSURANCE dans vos familles, votre travail et vos loisirs.
Meilleurs voeux!

Histoire de l'assurance (2ème partie)

L’histoire de l'assurance reste marquée par le grand incendie de Londres qui dura du dimanche 02 septembre au mercredi 05 septembre 1666. A cette époque les incendies étaient courants dans la cité surpeuplée de Londres, avec ses constructions de bois et ses moyens de prévention (et de lutte contre les incendies) archaïques. L’incendie prit naissance dans la boulangerie de Thomas Farriner, ravageant de nombreuses maisons (plus de 13.000) et 87 paroisses. Le nombre de décès est inconnu mais il fut certainement élevé.

Néanmoins, ce tragique évènement marquera la modernisation de l’assurance : en effet, ce sinistre inspira Nicholas Barbon qui ouvrit le 1er bureau de prévention des incendies, pour assurer les bâtiments ; Benjamin Franklin créa aussi la 1ère compagnie d’assurance des Etats-Unis en 1732, la Philadelphia Contributionship for the Insurance of Houses from Loss by Fire, et refusa d’assurer les maisons à fort risque d’incendie. En parlant des bases modernes de l’assurance, il ne faudrait pas non plus omettre la taverne d’Edward Lloyd (le Lloyd’s) qui fut le lieu de rencontre entre les personnes souhaitant assurer leurs navires et celles proposant une couverture, et qui demeure aujourd’hui, la référence en matière d’assurance maritime.

jeudi 26 novembre 2009

Histoire de l'assurance (1ère partie)

Après la petite histoire relatant la mésaventure du sieur Salaki et le précieux soutien qu'il a trouvé dans l'assurance, il est capital de faire un aperçu de la naissance et de l'évolution de cette activité.
Il faut tout d'abord noter que l'origine de l'assurance remonte à plusieurs millénaires: en effet, au 2ème millénaire avant Jésus-Christ, des systèmes d'assurance du transport de marchandises existaient et connaissaient déjà un plein succès. C'est ainsi que l'on connaîtra le fameux prêt à la grosse aventure, dans lequel l'emprunteur remboursait de forts montants d'intérêt, en plus du principal, si l'aventure (voyage de transport de marchandise) se déroulait bien; dans le cas contraire (perte de la marchandise au cours d'une tempête ou en cas de vol, par exemple), il ne devait plus aucun remboursement au prêteur. Les intérêts étaient très élévés (voir excessifs), atteignant parfois le niveau de la somme prêtée; ce qui faisait que les remboursements valaient parfois le double de l'emprunt. Le code d'Hammourabi (dit d'inspiration divine) qui a une vocation jurisprudentielle, viendra alors les limiter à 20% ou 33%, selon la nature du produit prêté. L'activité gagnera du succès et traversera les siècles, avec la création de la mutualisation et la naissance de l'assurance sur la vie, jusqu'à l'époque où Londres, ville essentielle dans l'histoire de l'assurance (avec ses barraques et son grand incendie), deviendra un grand centre commercial grouillant de monde.

lundi 9 novembre 2009

Comment l’assurance épaulera monsieur Salaki

Dans le billet précédent, nous relations les malheurs auxquels Salaki était confronté. Ceux-ci se résument ainsi.
A) Préjudices matériels
1- La perte de sa villa et de ses biens (meubles, appareils électroménagers, véhicules, …) ;
2- Les dégâts sur la toiture voisine qu’il faudra réparer ;
3- Les frais médicaux de sa fille asphyxiée ;
4- Les biens emportés (ou détériorés) lors du cambriolage, qu’il lui faudra rembourser à son client ;
5- Les frais scolaires et autres dépenses liées à la prise en charge de son neveu orphelin ;
B) Préjudices moraux
1- La perte de son cousin ;
2- La peine de voir sa fille hospitalisée.
Fort heureusement, Salaki fut prévoyant ; il avait souscrit diverses assurances qui lui permettront de se mettre à l’abri des conséquences de ces fâcheux évènements :
1- Son contrat Multirisque habitation lui permettra de recouvrir la perte de sa villa et de ses biens, et permettra en outre de réparer la toiture voisine ; son assurance automobile en tous risques permettra d’acquérir d’autres véhicules.
2- L’assurance maladie souscrite au bénéfice des membres de sa famille le déchargera des frais médicaux (hospitalisation, médicaments, examens, …) de sa fille.
3- L’assurance de responsabilité civile chefs d’entreprise qu’il a souscrite dans le cadre de son activité de gardiennage, remboursera les biens volés de son client et supportera les éventuels dégâts causés aux locaux de ce dernier.
4- En plus de ces assurances, le sieur Salaki avait souscrit une assurance sur la vie de son cousin, demandant qu’une somme d’argent (couvrant largement les frais scolaires de son neveu) lui soit payée chaque année, en cas de décès dudit cousin; cette somme lui permettra d’assurer ses nouvelles charges, vis-à-vis de son neveu.
Nous voyons donc que grâce à son portefeuille d’assurance varié, la peine de Salaki ne se résumera qu’en la perte de son cousin qu’il ne verra plus, pourvu que sa fille ressorte indemne de l’asphyxie.
Cette petite histoire permet de comprendre (si ce ne l'était déjà) combien le mécanisme de l’assurance est important et comment il peut nous mettre à l’abri de situations périlleuses.
Notre prochain billet racontera la petite histoire de cette activité, en montrant comment elle a évolué pour aboutir à sa forme actuelle.